Hermes agent est arrivé dans mon workflow il y a quelques mois. Je pensais qu’il allait tout faire. Chercher, trouver, décider, exécuter. Une main tendue, une tâche partagée, un résultat parfait.
Spoiler alerte, non. Je me suis trompé. Plusieurs fois. Et parfois c’était pour un logo.
LE PIÈGE DU PING-PONG
L’un de mes workflows consiste à animer du texte et des logos pour accompagner mes vidéos. Pour se faire, Hermes a donc besoin d’icônes qui correspondent aux marques/entreprises dont je parle. Bien souvent il finis par me dire qu’il n’a pas pu les télécharger ou il les télécharge mais elles ne sont pas exploitables.
Mon ancien réflexe : lui demander de la trouver en explorant des voies différentes ou de la générer sur wavespeed.
Premier aller-retour. L’agent cherche sur le web. Il trouve une image PNG qui ne corresponds pas vraiment au logo. Il me la propose. Je refuse. Il recommence.
Deuxieme aller-retour. Il explore des voies alternatives pour trouver le logo et ne trouve rien.
Troisieme aller-retour. Il essaie par wavespeed, génère une image mais s’est trompé dans les couleurs ou la forme.
Résultat : 45 minutes perdues, des tokens brules, une video reportée, et la certitude que l’agent n’était pas la solution. Il était le problème.
Mais le problème, c’était moi.
---
LA DISTINCTION
Ce que l’IA peut faire : elle peut exécuter. Elle peut animer, assembler, découper, rendre, produire. Donne-lui un SVG propre, elle te fait une video. Donne-lui un brief clair, elle te fait un texte. Donne-lui des données, elle te fait une analyse.
Ce que l’IA ne peut pas faire : elle ne peut pas tout chercher à ta place. Ou plutôt, elle le peut, mais pas forcément comme tu voudrais. Elle ne sait pas ce dont tu as besoin avant que tu le lui dises. Elle n’a pas ta culture visuelle, ton histoire avec le projet, ta connaissance du besoin. Elle ne peut pas deviner ce qui est important.
La distinction est simple : même si l’IA peut chercher, elle excelle surtout comme exécutante. Pas un chercheur. Pas un architecte. Pas un curateur.
Si tu lui donnes du sable, elle construit un château de sable. Si tu lui donnes des briques, elle construit une maison. Mais elle n’ira pas chercher les briques pour toi.
---
LE CHANGEMENT
J’ai fournit à mon agent l’accès à la base simple-icons, qui comporte +3000 icons SVG officielles prêtes et gratuites.
Boom, problème résolu.
Maintenant, quand mon agent me dit “je n’ai pas l’icône” dans cette base(ce qui arrive souvent pour les marques récentes), je ne lui demande plus rien. Je cherche moi-même.
Je télécharge le SVG exact. Je le dépose dans un dossier de mon espace de travail. Et je relance l’agent.
Un fichier. Un clic. Fini.
❌ Avant : l’agent cherchait, trouvait un truc approximatif, brulait des tokens, je corrigeais, il recherchait, je recorrigeais.
✅ Maintenant : je fournis la matière brute. L’agent exécute. Pas de ping-pong.
Ce changement a réduit mon temps de préparation par trois. Mais il a exigé quelque chose de moi : de savoir ce que l’agent pouvait faire et là où il avait besoin de mon aide pour avancer.
---
L’ESPACE DE TRAVAIL
C’est pour ça que je définis un espace de travail structure avant chaque session agentique :
- un dossier assets/ avec les logos, icones, images, fichiers sources
- un dossier output/ pour les rendus finaux
- un dossier temp/ pour les fichiers intermediaires
- un fichier brief.md qui resume l’objectif, les contraintes, les livrables attendus
L’agent sait ou regarder. Il ne devine pas. Il ne telecharge pas n’importe quoi. Il ne cherche pas au hasard sur le web. Il travaille avec ce que j’ai pose sur la table.
Cet espace de travail, c’est le contrat entre l’humain et l’agent. L’humain fournit les ressources, les définitions, les cadres. L’agent execute dans le cadre.
Sans cet espace, c’est le chaos. L’agent invente, approxime, suppute. Avec cet espace, c’est la précision. L’agent assemble, calcule, rend.
---
CE QUE CA CHANGE
J’ai compris que l’IA ne remplace pas la préparation. Elle la rend visible. Si la préparation existe, l’IA l’amplifie. Si elle n’existe pas, l’IA révèle le vide.
Avant, je cachais mon manque de préparation derrière des heures de correction. Je demandais a l’agent de chercher, de deviner, d’itérer.
Maintenant, je prends dix minutes avant la session pour structurer l’espace. Je rassemble les fichiers, je redige le brief, je verifie les formats. Puis je lance l’agent.
L’agent travaille mieux. Je travaille mieux. Le résultat est meilleur. Le temps total est réduit de moitie.
> « L’IA ne remplace pas ta préparation. Elle la rend visible - si elle existe. »
---
LA VRAIE QUESTION
Tu passes plus de temps a corriger l’agent ou a preparer ses ressources ?
Si tu passes plus de temps a corriger, le probleme n’est pas l’agent. C’est l’espace de travail. C’est le brief. C’est la preparation que tu as saute.
L’agent n’est pas magique. C’est un miroir. Il reflete ce que tu lui donnes. Donne-lui du chaos, il te rend du chaos amplifie. Donne-lui de l’ordre, il te rend de l’ordre accelere.
Le choix est le tien.
---
ACTIONS CONCRÈTES
Voici ce que je fais avant chaque session agentique :
1. Je definis l’objectif en une phrase. Pas de brief de trois pages. Une phrase precise.
2. Je rassemble les ressources dans assets/. Un seul endroit. Pas de recherche eparpillee.
3. Je vérifie les formats.
4. Je rédige un brief.md de 5-10 lignes. Objectif, ressources, contraintes, livrable.
5. Je lance l’agent avec une instruction claire : “Utilise les fichiers dans assets/. Rend le resultat dans output/.”
Ce protocole prend 5 a 10 minutes. Il économise 30 a 60 minutes de ping-pong.
---
La qualité de son travail dépend de la qualité de ce que tu lui fournis. Structurer son espace de travail, c’est structurer sa propre pensée. Et c’est la que la vraie productivité commence.
Tu passes plus de temps a corriger l’agent ou a préparer ses ressources ? Réponds en commentaire.


