Ce qu’on ne propose plus soi-même, on finit par ne plus savoir le faire.
Dans cet article je te montre comment associer ton expertise à l’IA en appliquant la juste mesure en fonction des sujets. Il est né d’un problème que j’ai personnellement remarqué dans mon métier et autour de moi dans la manière d’utiliser l’IA des cadres et entrepreneurs.
Du graphisme à la programmation, en passant par des réponses de mail ou des documents techniques, une observation revient de plus en plus souvent : “ça, c’est fait par IA.” Ce n’est pas forcément pour dire que c’est mauvais. C’est surtout que c’est devenu la moyenne de ce qu’on voit partout.
À l’inverse, une vision qui part vraiment de soi, même imparfaite, même moins polie techniquement, sort presque toujours du lot. Pas en termes de beauté, mais en termes d’imperfections qui traduisent une vision.
Elle porte quelque chose que l’IA n’a pas appris à générer nativement : une intention personnelle, un contexte, un choix.
PS : Si ta boite a une charte et un historique de documents, il serait peut-être temps de sécuriser en interne une IA et de lui enseigner vos méthodes pour avoir des documents qui traduisent votre vision et non la moyenne de l’IA. Dis-moi si ce sujet t’intéresses, je le traiterai avec plaisir.
Sur le long terme, ne jamais proposer soi-même la direction du premier jet et se contenter d’affiner ce que l’IA a produit nous rend progressivement moins experts sur nos propres sujets. À l’inverse, partir de sa propre intuition, même imparfaite, expliciter sa compréhension d’un sujet puis solliciter l’IA pour l’affiner, renforce cette expertise à chaque projet.
Le vrai risque n’est pas l’IA, c’est la place qu’on lui laisse prendre
Le danger n’est pas d’utiliser l’IA pour explorer une nouvelle direction face à un cas métier dans ton activité. Le danger, c’est de la laisser choisir à ta place et de perdre, sans t’en rendre compte, ta capacité à porter cette décision.
L’IA est excellente pour brasser un grand volume d’informations et te donner des axes de réflexion. Elle n’a en revanche aucune légitimité à te donner la vision initiale d’un projet, l’essence de ce que tu veux que ton travail reflète à travers une solution ou une décision. Cette vision, c’est la tienne, construite à partir de ton expérience, de ton contexte, de ce que tu sais déjà de ton métier.
L’exercice : cartographier ce que tu délègues, et ce que tu gardes
Voici comment je m’y prends personnellement, pour te donner un exemple concret avant que tu fasses le tien.
Ce tableau n’est pas une règle universelle, c’est une cartographie que j’utilise sur mon métier. La tienne sera différente. Ce qui compte, c’est la méthode : pour chaque tâche récurrente de ton travail, demande-toi si tu délègues la réflexion, si tu accélères l’exécution ou simplement si tu fais parler les données à travers l’IA (et c’est okay).
À toi de construire ta cartographie
Prends une feuille ou simplement un document vide sur ton ordi et liste trois à cinq tâches de ton métier où tu utilises déjà l’IA (ou dans laquelle tu voudrais l'utiliser). Pour chacune, réponds à cette question : si j’utilise l’IA sur cette tache, m’aide t-elle à obtenir le résultat plus vite ou sans elle, je ne saurais arriver au résultat ?
Si elle t’aide à aller plus vite, tu peux déléguer sans crainte. Si sans elle cette tache parait infaisable ou très compliquée, tu perds ta compétence métier, c’est un signal : cette tâche appartient à ton expertise, pas à l’IA, même si elle peut encore t’aider à l’affiner une fois que tu as posé ta propre direction.



