Hello, aujourd’hui j’aimerais que l’on aborde un sujet qui m’attriste un peu je dois dire. La création assistée par IA et le jugement porté sur le sujet.
Ces dernières semaines, l’affaire de l’écrivain canado-haïtien Thélyson Orélien a relancé ce débat. Son roman « C’était ça ou mourir » a été retiré de la sélection du prix Goncourt après des accusations d’utilisation d’IA et de plagiat. L’auteur nie avoir utilisé l’IA pour écrire son texte. Des analyses, dont certaines fondées sur Pangram, ont alimenté la controverse. Controverse vécue sous d’autres cieux par plusieurs créatrices & créateurs sur Substack qui se sont plaintes de voir leur texte associé à l’IA par Pangram après avoir passé 2h à le rédiger !
Je ne vais pas essayer de décider ici qui a raison ou tort.
La vraie question, pour moi, est :
« Quand un contenu a été créé avec l’aide de l’IA, comment reconnaître, expliquer, assumer l’apport humain et apprécier le contenu produit ?
Le débat ne devrait pas être « IA ou humain »
C’est le même sujet que dans les études ou dans le monde de la recherche. Le problème n’a jamais été d’utiliser des références.
Le problème est soit de reprendre une idée ou un texte sans citer sa source, sans comprendre ce qu’on avance et sans pouvoir défendre son propre apport, soit de prendre tellement de références que ton apport original n’existe tout simplement plus.
L’IA rend cette exigence encore plus urgente.
On parle souvent du contenu créé par IA comme s’il n’existait que deux options, d’une part : l’humain qui écrit, crée, code ou dessine seul et de l’autre : une machine qui produit tout de A à Z.
Mais dans la vraie vie, les usages sont beaucoup plus nuancés et intriqués l’un dans l’autre.
Une IA peut t’aider à rechercher des sources, structurer une idée, proposer un premier plan, reformuler un passage, créer une image, écrire une fonction de code ou préparer une première version de document.
Utiliser cette aide ne rend pas automatiquement ton travail vide. Par contre signer un document dont tu ne saurais parler ou défendre sans recourir à l’IA est une erreur.
Les trois niveaux à distinguer
1. Quand l’IA regroupe les références
À cette étape tu utilises l’intelligence artificielle pour t’aider à regrouper toutes les références dont tu auras besoin pour réaliser la tâche dont tu as la responsabilité.
Qu’il s’agisse d’infos sur des mises à jour sur des logiciels, de regrouper des documents scientifiques (mémoires, rapports….) de te fournir des infos par RAG dans des docs internes.
Clairement à ce niveau tu n’as pas besoin de faire mention de l’IA. Ces données elles existaient, tu as accéléré le process par lequel tu les récupérais et tu as réalisé ton activité par la suite.
2. Quand l’IA te sert à structurer
À cette étape il ne s’agit plus simplement de t’apporter des références mais de t’aider à structurer ta pensée. Cette phrase sous-entend donc que ta pensée est déjà formalisée et que le contenu que tu souhaites transmettre l’est également.
Tu souhaites une assistance sur la manière dont tu vas transmettre ce contenu, cela peut se présenter sous forme d’aide à la rédaction de mail, à la rédaction de documents, pour décider d’une charte graphique…
À ce niveau je considère qu’il s’agit de ta réflexion qui ensuite a été renforcée en utilisant l’IA.
3. Quand l’IA réalise une part du contenu
Ici, elle produit directement une part ou l’entièreté du livrable final : un texte, un code, une image, une vidéo, une présentation ou un prototype. Jusque-là si tu me suis bien je pense que tu vois déjà où je veux en venir. Lorsque les références, la structuration et le contenu ont été rédigé sans que tu ne donnes la moindre orientation approfondie, on peut déjà considérer que ce contenu il a été rédigé par l’intelligence artificielle et là il y a une exigence de transparence totale.
Ce niveau se retrouve dans plusieurs domaines notamment dans la programmation, dans la génération de vidéos, d’images, dans la génération d’audios et de différentes formes de musique.
On peut d’ailleurs retrouver plusieurs hashtags sur les réseaux qui permettent de déclarer de manière transparente que le contenu que l’on s’apprête à voir a été généré à l’aide de l’intelligence artificielle (#seedance #aicreator #kling #veo, j’en passe et des meilleurs...)
Mais tout ceci m’amène à te poser une question :
« Lorsqu’un contenu t’a ému, transporté, éduqué ou fait vibré, est-ce que ce sentiment doit être ignoré ou rejeté parce que l’IA a servi dans le processus de création ? »
La transparence ne doit pas être une punition
Substack a intégré Pangram pour proposer une estimation du degré d’assistance IA dans les textes publiés sur la plateforme. L’objectif affiché est d’aider les lecteurs à comprendre comment un contenu a été produit, pas de transformer chaque détection en verdict automatique sur la valeur ou l’honnêteté du contenu.
Cette logique me paraît saine mais ne devrait pas être un gage absolu d’utilité du contenu partagé.
Le lecteur, le client ou le recruteur ne demande pas forcément un travail sans aucun outil. Il veut savoir ce qu’il peut attribuer à ton expérience, à ton jugement et à ta responsabilité.
Et toi, qu’en penses-tu ?



